On l'avait vu tout le dimanche après midi. Il n'avait plus d'âge , il n'avait plus de chair. , c'étaient ces images de camps de concentration : les brindilles de chair qui se lovent sous un drap blanc, côtes saillantes : le ventre comme ouvert et béant tellement il est creux, les jambes prêtes à se casser, les yeux aussi pêu animés que des billes. Puis il y'avait l'odeur pourrie , dégueulasse , l'odeur de maladie , de médicament , à vomir . J'avais déjà gueulé pour qu'ils vérifient qu'il soie pas endormi dans ses selles, qu'il le laissent pas comme ça qu'il fallait pas oublier de vérifier parce qu'il pouvait pas se lever.
On se relayait pour lui tenir les phalanges . On avait allumé la télé pour couvrir le silence, il 'y avait un match de handball la france contre je sais plus qui peut-être le brésil . les banalités qu'on échangeaient étaient autour du match , et ce qui nous serrait et nous tordait c'était lui. Puis la france a gagné. Nous on avait plus la force de rester. on se relayait encore , on cherchait des choses bêtes à dire , sur le chien qui perd ses poils dans toute la maison , sur les verbes forts d'allemand que 'javais pas révisé. on a tenu comme ça une heure ou deux après le match, on avait réussi à faire l'illusion d'une famille qui réussit à se serrer les coudes, comme ça presque un après midi. Et puis on est sortis. je me souviens qu'il faisait beau même assez chaud pour un mois de février.
Je le sentais quelque part , parce que les infirmières nous fuyaient , les aides soignants nousa faisaient un sourire gêné. Le téléphone a sonné à 3 heures du matin. Maman avait déjà décroché quand je me suis réveillée.je sais plus depuis combien de temps elle parlait parce que les premiers mots que j'ai entendu , qu'elle disait en tremblant c'était des mots que j'aurais aps imaginé entendre de quelqu'un qui vient d'apprendre la mort d'un proche, c'était tout ce qu'elle réussissait à dire après le choc :" il faut lui apporter des vêtements ? il est propre ?"et d'autres choses encore. j'ia compris en entendant j'ai tremblé comme ajmais ej crois , c'était en fait une sorte de convulsion , un truc qui me prenait le corps entier. ça a du duré une minute peut-être même deux , c'était sans fin. je suis resté un peu allongée . jh'avait envie de rester coucher , de dormir , de pas aller les voir.
Plus la force de traverser le couloir et rejoindre mon frère et ma mère , parce qu'il faudrait à nouveau faire l'illusion d'une famille qui se serre les coudes et se serre dans les bras et pusi faudrait ausis voir leurs figure attérée de gens qui doivent apprendre à quelqu'un la mort de son père en pensant qu'elle n'est pas au courant. j'y susi quand même allée. c'est exactement ce qui s'est passé : les figures attérées , se serrer dans les bras alors qu'on ajamais été une famille qui se serre dans les bras .
voilà ça s'est passé un peu comme ça , enfin d'après mes souvenirs , mais ej crois que c'est assez exact , enfin els choses qui m'ont marqué au moins , oui , je crois...
